Le Comité bancaire du Sénat américain s'apprête à examiner la semaine prochaine sa législation tant attendue sur la structure du marché.
Cela va relancer le débat sur la question de savoir si les émetteurs de stablecoins devraient être autorisés à offrir des récompenses — un sujet que le Congrès avait précédemment abordé dans le cadre du GENIUS Act.
Le regain d'attention autour des récompenses liées aux stablecoins est apparu tard dans le processus législatif. Cela a introduit de l’incertitude dans un domaine politique que les acteurs de l’industrie pensaient déjà résolu.
L'issue de l'examen pourrait façonner la manière dont les stablecoins rivalisent dans les paiements et le commerce onchain, alors que les législateurs finalisent le cadre régissant les actifs numériques.
Le retour des stablecoins à l’ordre du jour
En vertu du GENIUS Act, le Congrès a mis en place des garde-fous pour les stablecoins sans interdire les récompenses. Cette structure visait à équilibrer la protection des consommateurs avec l’innovation dans les paiements numériques.
Revenir sur cette question dans le cadre du projet de loi plus large sur la structure du marché risque de rouvrir des compromis conclus plus tôt dans le cycle législatif.
L’examen du Comité bancaire du Sénat la semaine prochaine déterminera si des dispositions restreignant les récompenses seront ajoutées, supprimées ou clarifiées avant que le projet de loi n’avance.
Les législateurs n’ont pas encore fait part d’un consensus, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’amendements de dernière minute.
L’économie des paiements au centre du débat
Les partisans des récompenses pour les stablecoins soutiennent que la question concerne moins la stabilité financière que la concurrence dans les paiements.
Dans une publication, Faryar Shirzad, directeur des politiques chez Coinbase, a averti que la réouverture du débat sur les récompenses pourrait compromettre le choix des consommateurs à mesure que le commerce migre vers l’onchain.
Shirzad a affirmé que les stablecoins sont essentiellement en concurrence avec les réseaux de cartes et autres infrastructures de paiement, plutôt qu’avec le crédit bancaire.
Il a souligné des données montrant que les banques américaines génèrent des revenus significatifs grâce aux activités liées aux paiements, dont les frais de carte et les intérêts sur les réserves, et a présenté l’opposition aux récompenses comme une volonté de protéger ces sources de revenus.
Preuves citées concernant les dépôts et les prêts
L’argument selon lequel les récompenses liées aux stablecoins pourraient drainer les dépôts des banques communautaires a également été remis en question par des recherches empiriques.
Shirzad a cité une étude de Charles River Associates qui n’a trouvé aucune relation significative entre la croissance de USDC et les dépôts des banques communautaires, suggérant que ces deux éléments répondent à des utilisateurs et à des cas d’usage différents.
Des recherches académiques sont parvenues à des conclusions similaires. Des études de l’Université Cornell indiquent que les stablecoins ne réduisent pas de manière significative le crédit bancaire et que les récompenses devraient atteindre des niveaux bien supérieurs aux offres actuelles pour impacter sensiblement les dépôts.
Les taux de récompense actuels sur le marché restent largement en dessous de ces seuils.
Implications plus larges pour le dollar américain
Au-delà des paiements domestiques, le débat revêt des accents géopolitiques.
Shirzad a souligné les initiatives d’autres juridictions, notamment l’expérimentation par la Chine de fonctionnalités porteuses d’intérêts dans son yuan numérique, comme preuve que restreindre les récompenses pourrait affaiblir la compétitivité du dollar américain dans le commerce onchain.
Bien que ces arguments soient contestés, ils mettent en lumière le fait que la politique relative aux stablecoins est de plus en plus envisagée sous l’angle du leadership dans les paiements et de l’influence monétaire, et non simplement de la régulation crypto.
La suite des événements
L’examen du Comité bancaire du Sénat déterminera si le projet de loi sur la structure du marché préserve le traitement des récompenses de stablecoins tel que prévu par le GENIUS Act ou rouvre la question pour de nouvelles négociations.
Tout changement pourrait se répercuter dans une industrie qui opérait dans l’hypothèse d’une continuité réglementaire.
Pour l’instant, le retour du débat sur les récompenses souligne la fragilité des compromis législatifs conclus en fin de parcours.
Alors que le Congrès s’apprête à finaliser les règles sur les actifs numériques, même les questions précédemment réglées restent susceptibles d’être révisées — avec des implications sur la manière dont les stablecoins sont utilisés, tarifés et adoptés dans le système financier américain.
Réflexions finales
- Le retour du débat sur les récompenses des stablecoins à l’approche de l’examen du Sénat la semaine prochaine met en évidence la façon dont les modifications législatives tardives peuvent réintroduire une incertitude réglementaire, même sur des questions déjà abordées par le Congrès.
- La manière dont les législateurs traiteront les récompenses pourrait façonner la concurrence dans les paiements numériques, influençant l’évolution des stablecoins en tant qu’outils de paiement pour les consommateurs ou leur maintien en tant qu’instruments plus limités.

